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Vers la guérison du bébé et l’épanouissement de l’Être

Propos recueillis par Christine Bedel du Tertre, le 22/12/2016

Psychologue et hypnothérapeute, Bernard Sensfelder est reconnu pour ses travaux sur la maladie d’Alzheimer, la précocité intellectuelle et le traitement du mal-être. Il est également l’auteur de Vaincre peur et culpabilité grâce à l’autohypnose et aux neurosciences à paraître en avril 2017 chez Dangles éditions. Dans cet entretien, il témoigne du bouleversement et des changements profonds qu’a entraînés son expérience du Souffle-Voix guidée par Benjamin Grenard. Il y voit notamment un chemin vers la guérison des traumatismes du bébé ainsi qu’une véritable thérapie par la voix.

Bernard Sensfelder, comment êtes vous venu au Souffle-Voix [nommé aussi Pneumaphonie ou Méthode Wilfart] ?

Bernard Sensfelder

Etant thérapeute et connaissant à peu près toutes les ficelles, j’ai un mal fou à trouver des pratiques où je pourrais être mis en danger. Par « être mis en danger », j’entends le fait de ne pas contrôler, c’est-à-dire de prendre le risque de laisser mes peurs de fond monter et me submerger, ce qui est indispensable pour pouvoir progresser. En général, quand je vais dans des pratiques, je vais voir ce qui s’y passe et il m’est facile de conserver la posture de celui qui sait, pour mieux éviter de me confronter à celui qui va expérimenter et qui risquerait donc de se mettre en danger. Celui qui sait est, chez moi, le résultat de ce que j’appelle le personnage, une construction, un masque, par opposition à la Personne, essentielle et première, qui est dans l’Être.

Or, Delphine Gouteux, ma compagne, qui est également une thérapeute pertinente et impertinente [sourire], avait pratiqué le Souffle-Voix et j’avais constaté sur elle des apaisements, du bien-être : il s’était concrètement passé quelque chose. C’est là que je me suis inscrit à un stage animé par Benjamin Grenard, praticien de la méthode Wilfart.

Evidemment, le jour venu, les réactions de mon corps à la peur d’avoir peur se sont activées et j’ai été malade, de sorte que je n’ai même pas pu aller au stage [sourire]. J’ai néanmoins rejoint le groupe le deuxième jour, pour voir, sans trop savoir ce qui allait se passer. Pendant le premier temps d’observation où je regardais le passage des autres, la peur montait en moi, j’ai passé deux heures à me dire que j’allais partir à la pause de midi parce que j’étais chez des doux dingues [rires], jusqu’à ce que moi-même je passe. Et là, il s’est passé plusieurs phénomènes.

D’abord, il y a eu un moment de lâcher prise total, c’est-à-dire que je me suis retrouvé dans une situation où je n’avais plus aucun contrôle de mon corps qui s’est mis à trembler dans tous les sens. La deuxième chose, c’est que j’ai constaté l’état de transe hypnotique [ndlr : en l’occurrence, il s’agit en Souffle-Voix d’une transe en pleine conscience, évitant ainsi toute manipulation], ce qui, en tant qu’hypnothérapeute, me laissait assez pantois. Et la troisième chose, c’est que j’ai senti que cela touchait des zones extrêmement profondes qui étaient au-delà de la pensée. Du coup, je suis resté !

En somme, vous avez commencé à laisser de côté le personnage qui sait et qui contrôle pour laisser la place à la Personne qui est dans l’Être.

Oui, et même temps comme en tant que psy je jouis d’une certaine réputation et que, tout de même, je ne suis pas le stagiaire moyen [rires], je me suis permis de reprendre à l’occasion la posture de celui qui sait : il se trouve qu’en tant que professionnel, j’accompagne un grand nombre de personnes avec un travail thérapeutique, prenant appui d’une part sur l’hypnose dans la lignée de François Roustang (pas l’hypnose Ericksonienne que l’on voit partout, une autre) et, d’autre part, sur les neurosciences, dans la perspective d’un mieux-être, travail dont l’efficacité a fait le tour de la Bretagne. Pendant le stage, j’ai donc discuté avec l’animateur, Benjamin Grenard. Or, je me suis retrouvé face à un interlocuteur qui, non seulement, comprenait ce que j’étais en train de lui expliquer, mais qui, en plus, était capable de voir plus loin que cela en faisant des liens avec des choses qui, moi, m’échappaient. A partir de là, au respect pour la pratique que je vivais en pneumaphonie, s’est ajouté un respect pour l’animateur.

Y a-t-il eu des effets après le stage ?

Tout à fait. D’abord, des effets à court terme avec modification de la voix et un constat de plus de légèreté et de lâcher-prise dans plein de domaines de la vie. Puis, un constat de maintien de certains lâcher-prises à long terme. C’est-à-dire, qu’habituellement, dans de nombreuses pratiques, quand on sort, il y a des choses qui ont bougé et que l’on conserve pendant quelques jours, mais il y a une pression du quotidien qui fait qu’il y a de la perte. Et là, c’était différent, j’ai constaté qu’il y avait des éléments qui se maintenaient en terme de détente et d’ancrage.

Ensuite, il se trouve qu’à titre personnel, je mène depuis des années un travail de fond sur des éléments traumatiques que j’ai vécus étant bébé. Là, j’ai constaté que des choses s’étaient nettement transformées : j’avais fait un bond en avant par rapport à tout cela, sans rien comprendre de ce qui s’était passé.

Et là, le personnage qui sait s’est à nouveau manifesté, je présume…

Vous avez compris [sourire]. Particulièrement interpellé par ces changements et voulant comprendre en tant que thérapeute ce qui s’était passé, j’y suis retourné. D’ailleurs, comme la complicité était bonne avec Benjamin Grenard et que nos échanges s’étaient avérés fructueux, mon idée a été d’introduire dans la pratique, à un moment donné, de l’hypnose, soutenu par une démarche thérapeutique ciblée et particulière. Je pensais que cela pouvait aller encore plus vite et que cela aiderait les stagiaires et, à mon tour, me ferait avancer personnellement. Après quelques expérimentations, nous avons créé avec Benjamin ce que nous appelons l’Eïnophonie, donnant des résultats dont nous et les stagiaires sommes très contents. Il s’agit d’une pratique particulière que nous co-animons à l’occasion,  mais cela est une autre histoire.

Toujours est-il que je suis retourné à un stage de Souffle-Voix (Pneumaphonie), en étant complètement centré sur mes traumatismes de bébé. J’ai constaté à la suite de ce stage des modifications physiques par rapport à cela. J’étais encore passé à la vitesse supérieure, ça s’était nettoyé encore plus profond. J’ai continué à approfondir et, lors du troisième stage, une douleur latente que j’avais en permanence au ventre quasiment depuis ma naissance a disparu pendant une séance de Souffle-Voix. Cette sensibilité était due à une opération que j’avais subie à dix jours, opération à vif, sans anesthésie.

A cette époque, dans les années 1960, on n’anesthésiait pas les bébés en France pendant les opérations. Les dosages n’étaient pas au point, les bébés risquaient trop de mourir, beaucoup mourraient à cause des douleurs pendant les opérations, mais moins que par les erreurs de dosage. Être opéré à vif laisse des traces très profondes…. En plus, dans mon cas, la cicatrice s’était réouverte en grand quelques jours après l’opération, et il avait fallu en réaliser une seconde. Il y avait donc pas mal de peur à enlever…

Le traumatisme était bien costaud…

Oui. D’ailleurs, depuis cette opération, c’est une zone que je ne pouvais même pas toucher… Ce qui est intéressant, c’est qu’il est très difficile de trouver des approches pouvant travailler sur des traumatismes aussi importants, ayant eu lieu avant l’usage de la parole et de la conceptualisation. Et là, cela m’a permis de travailler en douceur là-dessus tout en étant respecté, à mon rythme. Les bouleversements sont donc phénoménaux. A noter aussi, qu’à la suite des stages, on constate toute une modification du schéma corporel, la démarche change, la position assise est modifiée, le centrage sur soi est décuplé, sans compter l’apparition de capacités respiratoires différentes et une sensation du corps qui n’a plus rien à voir.

Et en ce qui concerne la Voix ?

Pour ma part, l’intérêt pour les modifications de la voix est venu dans un second temps. Je peux mentionner le fait que l’on ne m’appelle plus « Madame » au téléphone, le fait que la voix devient un outil de centrage, le fait d’être présent à ma voix. Et puis un constat intéressant : à partir du moment où je suis centré sur ma voix et ses vibrations, je dis spontanément d’autres choses que si je suis centré sur ma pensée. Et cela, c’est une ouverture phénoménale. En réalité, le Souffle-Voix va bien au-delà de la Voix : j’ai connu aussi des expériences étranges, avec une espèce de connexion au cosmos, donnant lieu chaque fois à un très grand apaisement derrière.


En savoir plus sur le Souffle-Voix

Lien vers lvaincre peur et culpabilitée site de Bernard Sensfelder

Eïnothérapeute et psychologue, il est l’auteur de Vaincre peur et culpabilité grâce à l’autohypnose et aux neurosciences

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